En France, le prix moyen des obsèques est de 4 900 €, hors marbrerie. Au-delà de la charge financière qu’elles représentent, organiser les obsèques d’un proche est une lourde épreuve émotionnelle. Les proches endeuillés font face à une importante dépense financière, souvent imprévue, qui doit être engagée dans des délais très courts alors même qu’ils traversent un moment difficile et chargé d’émotion.
Face à cette situation complexe, il est essentiel de connaître les différentes solutions pour financer des obsèques : prévoyance obsèques, capital décès, aides sociales, succession, caisses de retraite… quelles sont les options concrètes pour financer des obsèques ? Découvrez dans cet article les 7 solutions possibles pour faire face aux frais d’obsèques.
Solution n°1 : La prévoyance obsèques
La première chose à vérifier après le décès d’un proche est l’existence d’un contrat de prévoyance obsèques. Ce type de contrat permet de prévoir le financement des funérailles. Si le défunt en a souscrit un, le capital versé servira à couvrir tout ou partie des frais liés aux obsèques.
Il existe deux types de contrats prévoyance obsèques
- Le contrat en prestations :ici, le défunt a déjà pris des dispositions pour l’organisation de ses funérailles. Le contrat prévoit les prestations qui seront effectuées (cercueil, cérémonie, crémation ou inhumation) et le montant est directement versé à l’entreprise de pompes funèbres choisie par le souscripteur. Ce type de contrat allège grandement la charge administrative, financière et émotionnelle des proches.
- Le contrat en capital :dans ce cas, un montant est versé au bénéficiaire désigné par le défunt. Ce dernier utilisera ce capital pour régler les frais d’obsèques auprès des pompes funèbres de son choix.
Solution n°2 : Le prélèvement sur le compte bancaire du défunt
En France, il est possible de prélever jusqu’à 5 965 euros sur le compte bancaire du défunt, même si celui-ci est bloqué à la suite du décès. Cette somme peut être utilisée pour régler les frais d’obsèques directement auprès de l’entreprise de pompes funèbres. Concrètement, un relevé d’identité bancaire (RIB) du défunt et une facture ou un devis de l’entreprise doivent être fournis à la banque.
Solution n°3 : Le capital décès du salarié de la Sécurité sociale
Un capital décès peut être versé par la Sécurité sociale aux ayants-droit du défunt. Pour ouvrir ce droit au capital décès, la personne décédée devait pendant les 3 mois précédant son décès être dans l’un des cas suivants :
- Exercer une activité salariée
- Être au chômage et percevoir une allocation de Pôle emploi
- Être titulaire d’une pension d’invalidité
- Être titulaire d’une rente d’incapacité permanente
- Être travailleur indépendant, retraité ou non (artisan ou commerçant)
Le montant du capital décès est fixé par décret et revalorisé chaque année. Depuis le 1er avril 2025, ce montant est de 3 977 € pour un salarié décédé.
Pour les travailleurs indépendants, le montant du capital décès dépend de la situation du défunt. Pour un artisan ou commerçant non retraité ou bénéficiaire d’une pension d’invalidité, le capital décès est égal à 9 612 € en 2026 (20 % du plafond annuel de la sécurité sociale). Pour un travailleur indépendant retraité, les ayants droit peuvent percevoir un capital égal à 3 844,80 € en 2026 (8 % du plafond annuel de la sécurité sociale en vigueur au jour du décès).
Les bénéficiaires sont les personnes à la charge effective, totale et permanente du défunt au jour de son décès, c’est-à-dire les proches dépendant financièrement du défunt : conjoint, enfants, ascendants.
Solution n°4 : La succession
Conformément à l’article 806 du Code civil, les frais d’obsèques sont une charge successorale. Ils doivent donc être déduits de la succession avant tout partage entre héritiers. Par ailleurs, l’article 775 du Code général des impôts précise que les frais d’obsèques sont déductibles à hauteur de 1 500 euros pour le calcul des droits de succession.
Si le patrimoine du défunt ne suffit pas à couvrir l’ensemble des coûts, la responsabilité financière repose sur ses descendants ou ascendants, qui sont tenus, selon le Code civil, de régler ces frais en fonction de leurs ressources.
Il est important de préciser que les héritiers (ascendants ou descendants du défunt) doivent payer les frais d’obsèques, quels que soient les liens affectifs avec le défunt. Même si un héritier renonce à la succession, il devra payer les frais des funérailles car ce devoir fait partie de l’obligation alimentaire.
Solution n°5 : La famille
Si aucun contrat de prévoyance obsèques n’a été souscrit par le défunt, c’est à la famille de prendre en charge les frais des funérailles. Le plus souvent, un proche direct est désigné pour organiser les obsèques et signer les devis auprès des pompes funèbres. Cette personne est alors responsable du paiement des frais liés à l’inhumation ou à la crémation. Conformément à l’obligation alimentaire, les héritiers qui doivent contribuer sont :
- Les descendants
Les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants du défunt sont prioritaires pour assumer les frais d’obsèques et leur participation sera proportionnelle à leurs capacités financières, conformément au principe de solidarité familiale.
- Le conjoint survivant
Conformément à l’article 212 du Code civil, l’époux ou l’épouse du défunt doit contribuer aux frais d’obsèques (obligation de secours et d’assistance mutuels).
- Autres membres de la famille
En l’absence de descendants ou de conjoint, les parents, grands-parents, frères, sœurs ou cousins peuvent être sollicités. Cette participation dépend de leur capacité financière et aussi de leur lien avec le défunt.
En cas de désaccord concernant la répartition des frais, le juge aux Affaires Familiales peut être saisi afin de régler la situation.
Solution n°6 : La commune (du lieu de décès)
Si aucun membre de la famille ne peut prendre en charge ces frais, c’est alors à la mairie du lieu de décès de réquisitionner une entreprise de pompes funèbres pour organiser la cérémonie d’obsèques. Les frais seront alors pris en charge par la commune et un emplacement gratuit sera mis à disposition dans le cimetière communal. C’est le maire qui évalue l’insuffisance de ressources.
Solution n°7 : Les mutuelles, assurances-vie et caisses de retraite
Certaines mutuelles prévoient une aide financière pour les obsèques. Il est donc important de contacter la mutuelle du défunt afin de vérifier l’existence d’une garantie obsèques. Dans certains cas, un tiers-payant peut être mis en place avec les pompes funèbres pour faciliter la prise en charge.
Les assurances-vie peuvent également être mobilisées pour financer les obsèques, bien que le délai de déblocage des fonds soit souvent plus long. Le bénéficiaire de l’assurance doit avancer les frais avant de pouvoir récupérer le capital.
Enfin, certaines caisses de retraite proposent également des aides financières pour les obsèques de leurs pensionnés. Par exemple, la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) peut verser une aide plafonnée à environ 2 286,74 € déduite des arrérages de la pension du défunt.






